Vision neoprimitive

Dayan

L'art Néo-Premier

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Quoi de plus paradoxal que cette expression, « Néo-Premier », mais quoi de plus stimulant aussi ! Car comment ce qui est premier pourrait-il « venir après » sans, du même coup, perdre son antériorité ? Ou bien alors ne nous faudrait-il pas plutôt comprendre le terme néo comme évoquant l'idée d'une réactualisation, d'une répétition, d'une reprise d'un état plus primitif et qui seul pourrait nous permettre, en ces temps troublés (où l'art semble s'être voué au seul culte de l'idée), de reprendre contact avec ce qu'il y a de plus essentiel dans toute psyché humaine. A savoir : les pulsions qui la fondent ? Et si, entre santé, éthique et esthétique, il n'existait qu'une unité sacrée que l'art Néo-Premier s'était donné pour tache de retrouver ?

L'art Néo-Premier

« Le forage d'un puits artésien, ce travail de forçat, n'est pas aussi difficile que de trouver de la primitivité en un temps comme le notre, et de la faire percer. »Søren Kierkegaard

 

C'est pourquoi, bien loin de n'être qu'un « retour du refoulé » - comme pourrait être tenté de le qualifier certains hérauts de l'art conceptuel - l'art Néo-Premier est d'abord et avant tout un art d'inspiration bouddhiste ou taoïste (au sens où il repose sur une discipline, sur une éthique), et peut-être plus encore, un art cybernétique – si tenté que par ce terme nous fassions référence au travail de Gregory Bateson qui, le premier, su penser l'expérience humaine sous la forme d'un éco-système et, plus encore, peut-être, d'un ensemble de paramètres (de forces, de pulsions, d'instincts) n'ayant de sens que pour autant qu'ils fonctionnent ensemble – qu'ils concourent à produire une même harmonie.

 

« L'art, la poésie, la prière scandée, et bien d'autres choses encore ne sont pas vraiment des découvertes, ou plutôt si, ce sont des découvertes au sens étymologique du terme. Ce sont des dé-couvertes de ce qu'on savait déjà auparavant. Et le sacré est lié au fait de couvrir et de dé-couvrir des composantes plus profondes1. »

Mais plutôt que de nous borner à décrire abstraitement ce qu'est l'art Néo-Premier, essayons plutôt, en guise de conclusion, de nous approcher de manière plus concrète de ce mouvement et de décrire avec quelques précisions l'oeuvre de celui qui en a inventé le terme. A savoir : le sculpteur Dayan.

A la fois tournée vers le passé et vers le présent, l'oeuvre de Dayan a pour caractéristique principale d'être syncrétique -- autrement dit, de réussir à faire coexister en une forme cohérente des temps et des cultures qui d'ordinaire s'opposent. En effet, qu'y a-t-il de commun entre la statuaire grecque (qui, on le sait depuis Winckelman, était tout entière tournée du côté du calme apollinien) et l’expressionnisme défiguré des visages que ces oeuvres nous présentent ? Rien me direz-vous. Et l'histoire de l'esthétique ne serait pas loin de vous donner raison. Mais pour qui saura surpasser de telles idées toutes faites et prendre le temps de regarder ses oeuvres avec un brin de naïveté (de primitivité), une autre idée ne manquera pas de lui apparaître : et si Dayan, à l'inverse des Grecs pour qui les représentations des dieux n'étaient qu'une manière de tenir à distance la puissance qu'ils incarnaient, ne s'emparait de ces figures que pour en faire rejaillir l'énergie enfouie – la force refoulée ? Telle pourrait être l'ambition fondamentale de l'Art Néo-Premier.

Frédéric-Charles Baitinger

 

 

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