Bohort

Voir le monde par le prisme de l’art InTemporain

 

En Occident, nous considérons, au mieux, qu'il existe d'un côté le monde matériel, de l'autre notre esprit. 

Notre cerveau capte, par l'intermédiaire de nos cinq sens, des informations sur le monde, et il les traite comme un ordinateur, pensons-nous. 

L'idéal est pour nous de fonctionner comme un ordinateur, de façon logique, rationnelle. 

Cependant, tout ce qui relève de l'inconscient, du monde spirituel est refoulé, réprimé, ignoré, au mieux considéré comme fantaisiste, inutile ou gênant. 

Cette façon de fonctionner nous paraît normale. En réalité, elle est très particulière et

peut nous conduire à nous comporter avec nous-même comme un maître avec son esclave. 

Cela peut se manifester par des problèmes physiques, organiques, psychiques ou tout simplement par le mal "à" être. 

En Asie, les Hommes considèrent traditionnellement comme évident qu'ils ne sont que les jouets de forces spirituelles bénéfiques ou maléfiques. 

Ces esprits cohabitent avec eux à chaque instant de leur vie et dans toutes leurs activités : dieux et déesses, anges et démons, qui usent de sortilèges, charmes, maléfices... 

Ces créatures spirituelles interviennent en permanence dans leur vie, provoquant des envies, des émotions, des passions. 

Lorsqu'il vous arrive un bonheur, ou un malheur, ce n'est donc pas forcément vous le responsable mais les dieux, le destin… 

Cela rend les gens superstitieux, mais le bon aspect des choses est qu'ils ne se sentent pas seuls, écrasés par un Univers froid, et cruellement indifférent. Ils ont au contraire la conviction profonde d'être en lien avec des forces animant la Nature et l'humanité, et la certitude que leur vie intéresse les forces invisibles.

La maladie et leur propre mort ne leur paraissent pas si inquiétantes, car ils ne doutent pas de l'existence d'une vie après la mort, possiblement plus agréable qu'ici-bas. 

En Inde, la croyance dans la réincarnation éternelle fait que votre vie actuelle a au fond peu d'importance par rapport aux milliers de vies que vous avez vécues avant, et que vous vivrez après. D'ailleurs, si vous êtes pauvre et malade, c'est que vous serez riche et en bonne santé dans une vie suivante. Il n'y a pas à s'inquiéter outre mesure de la souffrance, forcément passagère. 

Se considérant comme soumis à des forces extérieures qu'ils ne contrôlent pas, les gens sont plus doux avec eux-mêmes.

Ils ne se méprisent pas autant que nous, ne se dévalorisent pas aussi vite que nous. Ils ne perdent pas une vaine énergie à faire taire des angoisses dont ils savent bien qu'ils ne les maîtrisent pas.

Cette façon de penser a été validée par des philosophes en Occident comme Kierkegaard, Nietzsche et Heidegger et des psychologues comme Janet, Freud et Jung, qui ont révélé à quel point notre conscience et donc notre rationalité, étaient en fait soumises, influencées et même déterminées par des passions et des forces inconscientes dont nous n'avons aucune idée. 

Ces forces inconscientes nous "habitent", nous "possèdent", avec des conséquences exactement aussi fortes que s'il s'agissait d'une personnalité autonome qui se serait emparée de nous. 

C'est ainsi que ces penseurs ont découvert que l'Homme civilisé est beaucoup plus proche du "sauvage", et des sociétés traditionnelles, qu'il ne le pensait. 

Il n'a pas réellement perdu ses terreurs antiques, ses réflexes archaïques. Il a plutôt mis un couvercle dessus pour les étouffer, et oublié les rites qui lui permettaient de vivre avec. 

Le résultat est qu'elles ressurgissent de façon anarchique dans sa vie, sous forme de névroses ou même de maladies physiques. 

Cela explique l'apparent paradoxe suivant : nous avons l'impression d'être plus raisonnables et capables que nos ancêtres et que les peuples primitifs ; pourtant, force est de constater que c'est chez nous qu'il y a le plus de malheureux, de désespérés, contre lesquels notre abondance matérielle n'est d'aucun secours. 

Nous avons fait l'erreur de nous réfugier dans notre conscience, et d'ignorer le domaine de notre inconscient. Cela nous a conduits à perdre toute notion de ce que peut être une vie vivable et supportable pour un être humain.

Non pas se déconnecter de son inconscient, dont il est déjà beaucoup trop coupé, mais au contraire le redécouvrir, via des symboles et mythes anciens qui ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. 

Le jour où il réussit à "réenchanter son monde intérieur", à s'apercevoir qu'il est porteur d'une âme riche, exigeante, complexe, alors il est prêt pour commencer à explorer son inconscient, aux prises avec les productions déchaînées d'images, craintes, espoir, émotions, qui surgissent des profondeurs,

telle est la vocation de l'Art InTemporain .

(extrait et adapté de JM Dupuis dans santé nature innovation)

 

 

 

l’infini L’unicité l’universalité

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